Les bardeaux existent donc dans le monde entier, partout où il n’y a pas d’ardoises ou lauzes et où il n’était pas possible de mettre des tuiles en terre cuite. \n C’est un matériau tout à fait local, qui ne nécessite aucun outillage lourd.

Le bardeau de toiture est un produit ancestral. Le terme bardeau désigne une planchette en forme de tuile utilisée pour couvrir une toiture ou une façade. On peut les rencontrer sur les murs ou les toitures dans de nombreuses régions du globe. C'est une des couvertures des plus durables et esthétiques qu'il soit. Selon les régions et les essences, différents termes sont utilisés: tavaillon, aisse, eschandole, scandule, écaille... 

Les bardeaux existent donc dans le monde entier, partout o๠il n'y a pas d'ardoises ou lauzes et où il n'était pas possible de mettre des tuiles en terre cuite. En France on en trouve en Dordogne, dans le Jura et dans les Alpes, et même à  Carcassonne, une tour de la Cité est recouverte de bardeaux. En Ariège le restaurant "La Clairière" à  Saint Girons est couvert de bardeaux alliant architecture contemporaine et matériaux traditionnels. C'est un matériau tout à  fait local, qui ne nécessite aucun outillage lourd, juste du bois de mélèze ou châtaignier (ou red ceddar en Amérique) fraîchement coupé et quelques outils. Et c'est extrêmement résistant et parfaitement imperméable. Pour un bois en extérieur, mais sans contact avec le sol, la durée de vie est de 30 à  50 ans (le peuplier, le sapin et l'épicéa) ou 60 à  120 ans (le mélèze, l'orme et le châtaignier). Comment est fabriqué le bardeau La première opération consiste à  fendre des petites tranches fines sur 10 cm de large environ, d'un rondin de 27 cm de long (les rondins ou billots ont été préalablement coupés à  la bonne longueur... à  la tronçonneuse, seule entorse au principe de "sans machines"). L'outil utilisé est une hachette à  bord droit, suffisamment lourde pour tailler sans abîmer les fibres du bois, gage de bonne étanchéité des tuiles. Le tranchage se fait en direction radiale, le long des fibres, sans les couper.

Il faut ôter tout l'aubier et l'écorce, trop tendres ainsi que le coeur également trop tendre et sensible aux parasites... le bois jeune pousse plus vite. D'ailleurs il faut bien choisir son bois, l'idéal est que l'arbre ait poussé dans de très mauvaises conditions, très lentement, les cernes annuels sont ainsi très rapprochés et le bois bien dur. Ensuite il faut reprendre le bardeau inachevé et le terminer à  la plane, outil tranchant à  deux manches, assis sur un banc spécialement conçu à  cet effet. On aplanit une face (celle du bas en contact avec le toit), on rectifie les bords, on rogne le bout de la tuile pour un profil bien triangulaire.

A la pose, on superposera trois couches de bardeaux, décalées, soit un nombre de 80 à  120 bardeaux au m2, ce qui assurera la parfaite étanchéité de la toiture ainsi que son aspect esthétique magnifique, il s'agit d'un travail d'artisan, quasiment d'artiste ! D'ailleurs le fameux château de contes de fées, ex- résidence royale de Neuschwandstein en Bavière est en grande partie recouvert de bardeaux ! Pour des raisons économiques, cette production a quasiment été abandonnée car il s'agit d'un travail qui n'est pas rentable, extrêmement coà»teux en main d'oeuvre : un bon artisan peut en confectionner environ 50 à  l'heure... soit un demi mètre carré de toiture ! Mais côté énergie grise (c'est à  dire l'énergie mise dans le processus de fabrication et dans le transport), c'est imbattable car tout est local et manuel ! Claude Fressonnet (Ecorce) NB:Certains ont mécanisé une partie de la production pour réduire sensiblement les coùts: il faut alors être vigilant et vérifier si le "fil du bois" a bien été respecté.

 

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