L’objectif de toute intervention sur le bâti ancien doit être clairement identifié au préalable afin d’éviter tout amalgame

COMMENT INTERVENIR SUR LE PATRIMOINE ?- Conserver, c'est veiller, essentiellement par des mesures préventives portant sur son environnement, à  ce qu'il ne se dégrade pas.- Sauvegarder, c'est prendre des mesures comme l'étaiement d'un bâtiment menaçant ruine, etc, le plus souvent dans l'urgence et à  titre provisoire, pour éviter la progression d'une dégradation.- Restaurer implique une remise en état, à  l'identique

RESTAURER SON PATRIMOINE- Restaurer, c'est rétablir, remettre en bon état, réparer, mais à  l'identique. L'état originel doit être recherché autant que possible, sans concession à  l'interprétation personnelle ou au goà»t ; les interventions ultérieures non conformes à  cet esprit doivent être supprimées.- Il existe aujourd'hui des « modes » en matière de restauration, dont il convient de prendre toute la mesure. Nombreuses sont les façades conçues dès l'origine pour être enduites, mais laissées à  pierre vue dans un souci d'esthétique : il ne s'agit alors plus d'une vraie restauration.- La restauration implique également la remise en état technique, en état d'usage : un moulin doit pouvoir moudre, un four à  pain doit pouvoir cuire. Lorsque certains éléments du patrimoine doivent être remplacés, seuls les matériaux, les techniques et les façons de faire traditionnels sont légitimes.Deux règles d'or pour ne pas se tromper :- Ne pas en faire trop : les anciens copiaient, en les adaptant, les modèles les plus répandus dans leur voisinage. On fuira l'originalité à  tout prix, qui mène au « faux vieux ».- Ne rien faire d'irréversible : toute intervention sur le patrimoine, y compris à  des fins de sauvegarde et protection, doit permettre un retour à  l'état initial.

REAFFECTER SON PATRIMOINE- Réaffecter, c'est donner une nouvelle fonction. Bien des éléments du patrimoine n'ont plus aujourd'hui leur fonction traditionnelle : granges foraines, moulins, etc. Leur trouver une nouvelle vocation apparaît souvent comme le meilleur moyen d'assurer leur conservation : mais tout dépend du type de patrimoine concerné.- Parmi les solutions existantes, les plus courantes sont la transformation en lieu de visite (maisons d'écrivains, ateliers du forgeron, etc.), la transformation des anciennes fermes en résidences secondaires, ou de bâtiments en gîtes, logements sociaux, galerie d'exposition, salle municipale, maisons des associations ou nouvel espace de production.

RENOVER, REHABILITER SON PATRIMOINE- Ces deux modes d'intervention sur le patrimoine ne contribuent guère à  sa mise en valeur et ne sont donc pas préconisés. Toutefois, ils interfèrent souvent avec la restauration ou la réaffectation, et à  ce titre, doivent être mentionnés.- Rénover, c'est remettre à  neuf un bâtiment ou un objet jugé vétuste. La rénovation peut aller jusqu'à  la destruction complète de l'objet et sa reconstruction, sans souci de restauration. Cette solution est presque toujours la moins coà»teuse et conduit à  la transformation de la ferme traditionnelle en simili pavillon de série.- Réhabiliter consiste à  remettre aux normes de confort, d'hygiène et de sécurité des habitats jugés trop anciens au regard des exigences contemporaines. Or l'application stricte des règles d'urbanisme, prévues pour le bâti neuf, menace souvent l'intégrité du bâti traditionnel : surélévation de planchers, ouvertures démesurées dans les vieux murs, etc.d'après "le guide de valorisation du patrimoine rural en France" édité par le Ministère de l'Agriculture et de la pêche juillet 2001

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